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McIntyre Golden Globe ! Jusqu’ici, tout va bien ! Jour 11 — encore 301 jours ?

Une man'uvre spectaculaire pour le leader de la course. Damien Guillou affale le spinnaker de son Rustler 36 SOLAREM lors du passage à Lanzarote pour la remise des films, le 16 septembre. Premier à atteindre Marina Rubicón, le skipper français a ensuite mouillé pour effectuer seul une réparation en tête de mât avant de poursuivre vers le sud. Crédit : Don McIntyre / GGR2026

GGR 2026 : LES LEADERS ONT PASSÉ LANZAROTE, LA FLOTTE TENTE D’ÉCHAPPER AUX CALMES

Réparation en tête de mât pour Guillou, poursuite déterminée de Lawless et retour en force des poursuivants : huit jours de contrastes sur l’Atlantique, alors qu’un nouveau piège sans vent menace l’arrière de la flotte.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE INTERNATIONAL — DIFFUSION IMMÉDIATE
LANZAROTE, ÎLES CANARIES — 17 SEPTEMBRE 2026

Une réparation en tête de mât pour le leader, un poursuivant irlandais arrivé sept heures plus tard et une flotte de chasse qui trouve enfin son rythme : la McIntyre Golden Globe Race 2026 a atteint Lanzarote avec déjà de nombreuses histoires à raconter, tandis qu’un nouveau défi météorologique se dessine. La flotte a quitté Les Sables-d’Olonne le 6 septembre 2026.

Le Français Damien Guillou, à bord de SOLAREM, était heureux de découvrir qu’il occupait la tête de la course pour la première fois. L’Irlandais Pat Lawless, sur SILVERMINES HYDRO, était quant à lui stupéfait et ravi de se savoir deuxième, à quelques heures seulement du leader. Il était convaincu que tous les Rustler 36 se trouvaient devant lui. Tous deux ont effectué leur premier rendez-vous de remise des films à Marina Rubicón le 16 septembre. Ils font de nouveau route vers le sud à vive allure, après avoir transformé leur échappée précoce du golfe de Gascogne en une avance substantielle. Derrière eux, le retour de la brise offre certaines des navigations les plus rapides de cette première quinzaine. Mais l’occasion pourrait être de courte durée. Les prévisions météorologiques de la course annoncent un affaiblissement du vent vers les 20 et 21 septembre, qui pourrait piéger les bateaux de queue tandis que ceux situés plus au sud continueraient à creuser l’écart. Après huit jours alternant frustration et navigation rapide, l’Atlantique menace de scinder à nouveau la flotte.

Sept heures derrière le leader, et bien décidé à poursuivre la chasse. L’Irlandais Pat Lawless navigue à bord de son Saltram Saga 36 SILVERMINES HYDRO au large de Lanzarote lors du rendez-vous de remise des films, le 16 septembre. Son échappée précoce du golfe de Gascogne l’a solidement installé parmi les premiers, tandis que la flotte fait route vers le sud. Crédit : Don McIntyre / GGR2026

Lanzarote : remise des films à Marina Rubicón, montée au mât et retour immédiat en course

Guillou a atteint la bouée de remise des films de Marina Rubicón à 12 h 15, heure locale, le mercredi 16 septembre. Après son entretien de vingt minutes avec l’équipe de la GGR, il a mouillé pendant environ une heure pour effectuer une intervention qu’il valait mieux réaliser avant de retrouver le large. Le Français est monté au mât pour remplacer un réa de la poulie de spinnaker en tête de mât, profitant de conditions relativement calmes pour effectuer lui-même la réparation. Puis il a repris la course. Le mouillage pour effectuer des réparations sans assistance est autorisé par le règlement de la GGR. Faire intervenir une équipe à terre ne l’est pas. Même à proximité d’une marina, l’autonomie reste au cœur du défi.

À 19 h 15, heure locale, Lawless lui a succédé. Avec un ris dans la grand-voile, il a enroulé sa voile d’avant et ralenti l’allure, mais avançait encore à environ cinq à six nœuds tandis que le semi-rigide de l’équipe de course restait à ses côtés pour l’entretien. Ce sont des rendez-vous, pas des escales classiques. Ils rappellent les tentatives des concurrents de 1968 pour transmettre lettres et films. Cette porte de remise des films offre une brève occasion de récupérer images, enregistrements et courriers, et d’écouter les récits des marins avant qu’ils ne poursuivent vers le sud. Aucun repos obligatoire n’est imposé à Lanzarote.

Le 17 septembre, les deux premiers avaient repris leur route, choisissant des itinéraires différents autour des îles. Le bel affalage de spinnaker de Guillou avait offert un autre moment mémorable au public à terre. Une nouvelle question se posait : l’un des deux skippers pourrait-il profiter du passage au-delà des Canaries pour accentuer son échappée ?

« C’est exactement ce qui fait de la Golden Globe une aventure aussi extraordinaire ! Damien mouille, monte au mât, résout lui-même le problème et repart aussitôt en course. Pat poursuit sans relâche, les bateaux derrière filent enfin, et voilà qu’un nouveau piège sans vent menace à nouveau de scinder la flotte. Il ne s’agit pas seulement d’aller vite : il faut résoudre les problèmes, prendre les bonnes décisions et continuer à avancer, soi-même et son bateau. » — Don McIntyre, fondateur de la GGR

Un salut, un sourire et une heureuse surprise. Pat Lawless salue l’équipe de la GGR depuis SILVERMINES HYDRO à Lanzarote, le 16 septembre. Convaincu que les Rustler 36 le précédaient, le skipper irlandais a appris avec joie qu’il occupait la deuxième place, à seulement sept heures de Damien Guillou au rendez-vous de remise des films. Crédit : Rob Havill / GGR2026

L’échappée dans le golfe de Gascogne qui a changé la course

Les bases de leur avance ont été posées le 9 septembre, lorsqu’un anticyclone a commencé à étendre une zone de vents faibles sur le golfe de Gascogne. La position de Guillou, près de la côte espagnole, lui offrait un angle favorable vers le cap Finisterre, tandis que Lawless était lui aussi bien placé pour conserver la brise. Plus au nord, la possibilité de gagner le sud avant la disparition du vent se réduisait. Dès le lendemain, le contraste était saisissant. Guillou avait parcouru 162 milles nautiques en 24 heures. Le Britannique Henry Wootton, à bord de PRIVATEER, n’en avait couvert que 24, tandis que le Canadien Isa Rosli, sur OLLEANNA, était presque à l’arrêt au moment du compte rendu. Les bateaux de tête s’échappaient en contournant le cap Finisterre. Les autres roulaient dans la houle résiduelle, tentant de garder leurs voiles gonflées et leurs bateaux en mouvement.

Pourtant, même à l’avant, l’avantage restait fragile. Le 13 septembre, l’avance de Guillou sur Lawless atteignait environ 83 milles nautiques. Le 15 septembre, des vents plus faibles avaient ralenti le Français et Lawless avait repris environ 30 milles en une seule journée, ramenant l’écart à quelque 50 milles. Guillou barrait à la main sous spinnaker, se battant pour chaque fraction de nœud. Les deux hommes ont une revanche à prendre. Des problèmes mécaniques avaient mis fin à leurs précédentes campagnes dans la GGR en 2022. Les voilà désormais en tête de cette même course qui les avait arrêtés.

Des rencontres rapprochées dans un immense océan

Derrière les leaders, les poursuivants sont loin de rester passifs. L’Italien Andrea Lodolo, à bord de BIBI, s’est installé en tête de la chasse, tandis que le Britannique Ertan Beskardes, sur MISS BEAGLE, reste pleinement dans la lutte. À l’approche des leaders de Lanzarote, des vents de nord plus soutenus ont commencé à atteindre les bateaux derrière, laissant espérer un retour sur une partie du terrain perdu.

Certains duels ont été assez serrés pour être suivis sans tracker. Le 11 septembre, le Suisse Etienne Messikommer, à bord de BERNARD, et l’Italien Guido Cantini, sur HANNAH OF COWES, n’étaient séparés que d’environ un demi-mille nautique. Le lendemain, les images de GGR Window Live montraient Messikommer avançant dans un fort vent portant, avec Cantini visible à l’horizon et une vitesse dépassant brièvement neuf nœuds. Cantini a ensuite signé une journée de 163 milles nautiques, selon le compte rendu du 16 septembre, illustrant le potentiel de vitesse offert par le retour de la brise.

Le 17 septembre, un autre duo s’était rapproché : Messikommer et l’Israélien Daniel Pinsky, à bord d’EXODUS, n’étaient séparés que de 1,9 mille nautique, une distance permettant potentiellement de s’apercevoir.

Une précision importante concerne Lodolo. Sa position affichée sur le tracker n’était pas à jour dans le point du 17 septembre, et l’équipe de course cherchait à obtenir une nouvelle position YB. Elle suit également son AIS par satellite. Son arrivée à Lanzarote est estimée aux alentours de 22 h 00 UTC le 17 septembre.

Les leaders poursuivent vers le sud tandis que les poursuivants approchent de Lanzarote. Le tracker de la GGR2026, le 17 septembre à 16 h 30 UTC, montre Damien Guillou et Pat Lawless au-delà de la première porte de remise des films, avec une flotte étirée vers le nord en direction de Madère. Les conditions de vent pourraient creuser les écarts, alors que les petits airs menacent les bateaux de queue. La position affichée d’Andrea Lodolo était en attente de mise à jour. Crédit : GGR2026 / YB Tracking

Le retour de deBoer face à une nouvelle épreuve

Pour l’Américain Guy deBoer, approcher les Canaries à bord de SPIRIT revêt une signification particulière. Sa course de 2022 s’était arrêtée lorsque son voilier s’était échoué à Fuerteventura après la remise des films à Lanzarote. La reconstruction et le retour en course ont représenté un immense chantier. « Mais dès cet instant, je me suis promis de reconstruire et de revenir », rappelait-il dans son portrait officiel avant cette édition. Son début de traversée atlantique a déjà montré à quelle vitesse la situation peut évoluer. Le compte rendu du 11 septembre faisait état de seulement 27 milles nautiques parcourus la veille. Le suivant lui en attribuait 177, l’une des performances marquantes de la semaine.

Un nouveau défi technique se présente désormais. Selon le point du 17 septembre, deBoer utilise son Windpilot de secours à la suite de problèmes sur les supports de fixation de son Hydrovane. Le Français Louis Kerdelhué, à bord d’IE CHARGE, a lui aussi dû improviser. Son problème de fixation de l’Hydrovane en début de course a nécessité une réparation provisoire, lui permettant de poursuivre vers le sud au lieu d’interrompre sa route pour rentrer au port. Dans cette course, faire avancer vite son bateau et le maintenir en état de marche sont indissociables, et les régulateurs d’allure sont essentiels.

Wootton accélère, Mara passe à l’offensive

Après des débuts frustrants dans les petits airs, Henry Wootton affiche un tout autre rythme. Le dernier point du 17 septembre crédite PRIVATEER de 172 milles nautiques en 24 heures. Ce changement ne se résume pas aux chiffres. Lors d’un récent appel de sécurité, Wootton a parlé avec franchise de la difficulté émotionnelle des premiers jours après des années de préparation, rappelant l’adaptation personnelle qui se cache derrière chaque symbole sur le tracker.

La Norvégienne Helga Marie « Mara » Løvenskiold Kveseth, à bord de SHOWGIRL, a elle aussi gagné en vitesse. Son positionnement plus au large avait porté ses fruits en début de semaine : le compte rendu du 13 septembre indiquait 143 milles nautiques, contre 102 pour deBoer, sur une route plus proche de la côte. Le 17 septembre, Mara signait une nouvelle belle performance avec 161 milles nautiques en 24 heures, accompagnée de séquences de navigation animées sur GGR Window Live. Il y a aussi eu des moments plus calmes. Entre les manœuvres et les exigences de la vie en solitaire au large, ses nouvelles du bord ont évoqué la lecture du livre de Kirsten Neuschäfer, une compagne de lecture toute trouvée pour celle qui suit à son tour la route de la GGR.

« Ce qui est fascinant, c’est qu’à terre nous pouvons voir l’ensemble de la situation, alors que les marins ne peuvent pas simplement ouvrir le tracker pour vérifier qui les rattrape ! Ils font confiance à leur navigation, à leur sens marin et à eux-mêmes. Les leaders ont mérité leur avance, mais il reste encore un monde entier à parcourir. Personne ne peut se permettre de se relâcher : cette aventure ne fait que commencer ! » — Don McIntyre, fondateur de la McIntyre Golden Globe Race

Ailleurs dans la flotte, Rosli, les Américains Gunnar Christensen, à bord de POMPOEN, et Matt Woodside, à bord de TIPI HAERE, ainsi que les bateaux alentour, profitent au maximum du retour de la brise. Après une descente de la côte atlantique en accordéon, il y a enfin des milles à gagner.

Un sourire en mer tandis que SHOWGIRL accélère. La Norvégienne Helga Marie « Mara » Løvenskiold Kveseth profite d’un moment sur le pont sur cette image de GGR Window LIVE du 17 septembre, avec une vitesse affichée de 7,3 nœuds. Le point du jour lui attribuait 161 milles nautiques en 24 heures, alors que les poursuivants accéléraient vers le sud. Crédit : GGR Window LIVE / GGR2026

À l’arrière, une course contre la disparition du vent

Pour le Suédois Pär Nyman, à bord de LAZY OTTER, le premier défi consistait simplement à reprendre la mer après des réparations aux Sables-d’Olonne. Son départ retardé l’a lancé à la poursuite d’une flotte déjà étirée dans le golfe de Gascogne. Le Turc Selim Yalçın, sur HELP DISABLED CHILDREN, a lui aussi dû partager son temps entre progression et travaux à bord. Les précédents comptes rendus expliquaient qu’une partie de sa lenteur tenait au temps consacré à terminer les préparatifs et à rendre le bateau plus confortable. La météo menace maintenant de compliquer leur poursuite.

Nyman doit composer avec une mer désordonnée, tandis que Yalçın bénéficie de conditions plus calmes, mais avance moins vite. Tous deux pourraient subir la baisse du vent annoncée vers les 20 et 21 septembre. Les prévisions du 16 septembre laissaient entrevoir plusieurs jours de vents très faibles dans l’approche des Canaries par le nord. Cela reste une prévision, pas une certitude. Mais pour les bateaux de queue, le risque est clair : une approche lente de Lanzarote pendant que les bateaux devant creusent encore l’écart.

Seuls en mer, visibles du monde entier

Seul en mer, sous le regard du monde. Gunnar Christensen vaque à ses occupations à l’intérieur de POMPOEN sur cette image de GGR Window LIVE du 14 septembre. Ces diffusions à sens unique dévoilent le quotidien derrière la course, permettant au public de découvrir l’univers des marins tout en préservant leur isolement du monde extérieur. Crédit : GGR Window LIVE / GGR2026

Grâce à GGR Window Live, le public observe EN DIRECT le contraste entre navigation soutenue et gestes ordinaires de la vie à bord. Le système offre une diffusion en direct à sens unique : il transmet à terre l’univers des marins sans leur donner une fenêtre équivalente sur le monde extérieur. Cette distinction est essentielle. La GGR reste une course fondée sur la navigation traditionnelle et les décisions individuelles. Les organisateurs peuvent consulter les données de suivi par satellite, auxquelles les concurrents n’ont pas accès dans les conditions normales de course.

Des calmes du golfe de Gascogne aux passages devant Lanzarote, ces huit derniers jours ont montré à quel point un même océan peut traiter différemment des bateaux séparés par des distances relativement modestes. Les leaders ont franchi la première porte de remise des films. Les poursuivants accélèrent. Plus loin derrière, deux marins tentent de rejoindre les îles avant que leur brise ne disparaisse.

Les bateaux avancent de nouveau vite. Reste à savoir combien pourront continuer si le vent s’éteint.

Ne partez pas encore ! Retrouvez sur notre chaîne YouTube les dernières images de Damien Guillou à bord de SOLAREM.

FIN

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