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Les marins de la Golden Globe passent la porte du Cap, et se dirigent vers le Grand Sud

Photo ci-dessus : Simon Curwen (UK) sur Clara/Howdens a été le premier à franchir la porte photo du Cap, le dimanche 6 novembre. Crédit photo : Aïda Valceanu /GGR2022

# Simon Curwen premier au Cap et dans les mers du Sud après avoir résolu ses problèmes de drisse.

# Kirsten Neuschäfer deuxième dans sa ville natale après une option audacieuse, et Tapio Lehtinen troisième à 90 minutes

# Pat Lawless attendu dans la journée avec des problèmes de régulateur, pourrait s’arrêter au Cap.

# Les premiers Rustler 36 attendus demain avec Abhilash Tomy et Damien Guillou.

# L’arrière-flotte face à l’éventualité de ne pas arriver à la porte d’Hobart avant sa fermeture le 31 janvier !

Des rêves brisés pour une pièce à 20$, certains trop lents pour terminer le défi, d’autres adorant vivre leur vie à l’extrême, tandis que quelques-uns sont troublés par le jeu mental qu’est la Golden Globe. Les défis s’accumulent à mesure que la flotte quitte l’Atlantique Sud et contemple les mers du Sud devant eux ! Les histoires sont riches, mais comme en 1968 et 2018, qui franchira le premier cap ?

Simon Curwen (UK) sur Clara/Howdens a été le premier à franchir la porte photo du Cap, le dimanche 6 novembre. Le marin britannique qui ne peut toujours pas communiquer avec le la flotte à cause d’une installation radio défectueuse, était heureux de voir du monde l’accueillir. Simon a été surpris et ravi d’apprendre pendant l’entretien avec l’équipe qu’il était toujours en première position et a dit qu’il avait hâte d’aller dans le Sud !

Bill King et Loïck Fougeron n’ont pas dépassé le Cap en 1968, et cinq participants en 2018, je suis donc très heureux d’être ici, et très impatient d’aller dans le Sud. Ce n’était pas trop dur jusqu’à présent, car nous avions des vents gérables, mais ça va être très différent maintenant. (…) Je suis bien en mer, les seules choses qui me manquent sont les gens, ma famille, mes amis et les autres participants. Les seuls contacts que j’ai eus étaient avec des bateaux de passage, ce qui est plutôt limité

nous a-t-il dit.

Simon est remonté dans le mât pendant 3 heures et a réglé ses problèmes de drisse, en démêlant le messager et en remplaçant la drisse de génois, mais contrairement à d’autres participants, il n’a pas trouvé d’anatifes sur sa coque. Il a fait passer plusieurs (plein, nous a-t-il dit) couches d’antifouling érodable Nautix A9000 avec copolymère au pistolet, spécialement destiné aux longues périodes d’utilisation dans les zones de forte salissure.

Avec la première épreuve de l’Atlantique, les problèmes rencontrés par la flotte ont été principalement de deux ordres. Invasion de berniques pour la majorité, et diverses complications liées aux régulateurs d’allure. Simon n’a eu aucune de ces difficultés, et à part une drisse cassée, il n’a eu aucun problème significatif, ce qui témoigne de la qualité de sa préparation et de la simplicité de ses choix. Je suis cependant surpris qu’il n’ait pas pris une deuxième drisse pour les voiles d’avant.

Don McIntyre, fondateur et président de la Golden Globe Race.

Kirsten Neuschäfer (RSA) et Tapio ont choisi des stratégies très différentes pour contourner l’anticyclone de Saint Hélène, Kirsten choisissant la route la plus sud et la plus longue pour se rendre au Cap en arrivant par le Sud. Elle a parcouru plus de distance que Tapio Lehtinen (FIN) mais est arrivée avec 5  milles d’avance sur le vétéran 2018, après avoir parcouru 420 milles de plus que lui depuis Les Sables d’Olonne, ou 5% de route en plus.

Kirsten a quelques berniques malgré l’application de 3 couches d’antifouling à matrice dure et 2 couches d’érodable. Elle a nettoyé un côté de la coque et attendra de meilleures conditions pour faire l’autre côté. Elle était impatiente d’arriver à la maison et de partager ce moment avec ses supporters, amis et famille sur l’eau tard dans la nuit, partageant une quantité inhabituelle de mots dans son tweet quotidien :

terre ho. baleines. phoques. oiseaux. pas de vent.k

Malgré leurs routes et conditions différentes, Kirsten a surtout navigué au portant tandis que Tapio se frayait un chemin au près, les deux marins ont apprécié leur navigation dans l’Atlantique Sud et le choix de leurs bateaux respectifs. Ils sont impatients de se lancer dans les mers du Sud !

Kirsten a déclaré à l’équipe à son arrivée :

Je profite vraiment des mers du Sud et j’ai arrêté de me préoccuper de ma position. Je m’amuse tellement que j’ai presque envie que le temps ne passe pas trop vite. (…) J’apprécie vraiment de ne pas avoir de GPS, parce que ça m’oblige à observer, j’apprécie de ne pas avoir de prévisions météorologiques détaillées parce que cela m’oblige à réfléchir davantage, et j’aime faire aller le bateau aussi vite que possible parce que c’est une course et pas un convoyage!

Tapio Lehtinen, malgré une préparation minutieuse avec une combinaison de matrice dure et l’érodable Jotun, n’a pas pu éviter totalement les redoutables berniques qui lui ont coûté une centaine de jours supplémentaires dans sa précédente GGR, mais pas à la même échelle puisqu’il en a compté 60 en 2022 contre 3000 en 2018 !

Cette année, Captain Barnacle était bien décidé à ne pas laisser les crustacés gâcher son tour du monde. Surmontant sa peur des requins et l’idée troublante de nager seul dans l’océan, Tapio n’a pas hésité à passer à l’eau pour se débarrasser d’eux à la première occasion !

C’est amusant, je n’avais pas navigué sur Asteria pendant 3 ans après la dernière course, mais après le départ je me suis progressivement ré-habitué, et c’était comme continuer la course précédente. J’adore être en mer avec ce bateau. (…) Je sais que cette porte fait partie de la course, mais la proximité de la terre me stresse, je suis beaucoup plus heureux à cent milles de là.

a déclaré Tapio à l’équipe au Cap.

Cela n’a pas été le cas pour Pat Lawless (IRL) qui a dû faire face à l’invasion de berniques et à un problème de régulateur d’allure. Il a résolu le premier rapidement, mais son tweet indique qu’il n’a pas les pièces de rechange pour son régulateur Aries. S’il devait s’arrêter au Cap pour obtenir des pièces et effectuer une réparation, il pourra toujours poursuivre son voyage en classe Chichester et achever son tour du monde.

Pat a fait preuve d’un courage et d’un sens marin hors du commun dans l’Atlantique, naviguant toujours en tête de flotte, tout en soignant diverses blessures en mer, mais son objectif ultime est d’être le premier Irlandais à faire le tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale. Il a expliqué au PC Course qu’il pourrait abandonner au Cap, s’il n’était pas en mesure d’atteindre son objectif, sans assistance et sans escale.

Pat Lawless (IRL) qui a dû faire face à l’invasion de berniques et à un problème de régulateur d’allure. Crédit photo: JJ/ GGR2022

STOP PRESSE : 
Pat Lawless (IRL) – ” GREEN REBEL ” a décidé d’abandonner la Golden Globe Race 2022, en raison d’un problème de régulateur d’allure. Plus de détails bientôt…

Les premiers Rustler 36, Bayanat au vétéran GGR Abhilash Tomy (IND) qui a perdu beaucoup de temps au centre de l’anticyclone, Son dernier tweet suggère une bataille mentale à voir les leaders s’éloigner et les autres le rattraper.  et PRB à Damien Guillou (FRA) qui a résolu ses problèmes de berniques et de régulateur, se disputent la 5e place sur l’eau dans 25 nds et une mer formée, sont ce matin les plus rapides de la flotte.

Sur l’autre Biscay 36 de la flotte Nuri Sardines, Michael Guggenberger (AUT) s’est débarrassé des berniques, a remis la boule à facettes en place et a donné du fil à retordre aux “Rustler Brothers”. Il a affiché des vitesses similaires la semaine dernière, et est attendu au Cap samedi.

Pour les heures d’arrivée estimées aux portes photo, notre ami Jonathan Endersby a ajouté une fonction ETA basée sur les vitesses moyennes qui – si elles ne prend pas en compte les conditions météorologiques à venir – donne une bonne idée de leurs heures d’arrivée sur le site GGR Stats.

https://ggr.underground.co.za/#etas

La seconde moitié de la flotte est confrontée à divers problèmes, en plus d’un manque de vent problématique à l’arrière.

Ertan Beskardes (UK) gère le manque de nouvelles de sa famille qui lui a coûté sa GGR 2018, profitant du trafic pour parler à sa famille via les navires de passage. Lui aussi s’est débarrassé des berniques en plongeant plusieurs fois, a réglé des complications mineures sur son hydrovane, résolu ses problèmes électriques et a récemment réparé son chariot de grand-voile. Il est dans des vents d’ouest de 25 à 30 nds, et une mer qui le pousse vers Cape Town.

Jeremy Bagshaw (RSA) a lui aussi fait la “cuillère sud-africaine” au sud de l’anticyclone, en y cherchant plus de vent afin d’atterrir au Cap par le sud. Il a affiché plusieurs jours entre 100 et 130 nm, donc la stratégie fonctionne bien pour lui malgré son bagage de berniques dont il prévoit de se séparer à la première occasion. Tout semble aller au mieux à bord d’Olleanna, à part le manque d’eau.

Pour l’arrière de la flotte, Elliott Smith (USA) , Ian Herbert-Jones (UK), Arnaud Gaist (FRA) et Guy Waites (UK) dans un système différent, c’est plus compliqué car plus instable. La loterie d’Eole  favorise certains un jour, d’autres ensuite, mais ils sont surtout dans des vents légers. Elliott s’en sort bien, affichant de bonnes distances quotidiennes, mais il a perdu son seul spinnaker cette semaine, comme il l’a annoncé dans son tweet:

J’ai appris un nouveau truc la nuit dernière… comment transformer votre seul spinnaker en deux ancres flottantes!

C’est un vrai problème pour eux. Non seulement l’avant de la flotte creusera l’écart, dans les océans du Sud poussés par de forts vents d’ouest et les vagues, mais aussi pour arriver à  la porte d’Hobart à temps !

Pour éviter que les marins ne se trouvent trop tard dans la saison au Cap Horn avec des conditions météorologiques nettement moins clémentes, il y a un temps limite pour franchir la porte de Hobart, bien qu’il n’y ait pas de temps limite pour la course elle-même.

L’avis de course stipule qu’un marin arrivant

à la porte de Hobart après 1200, heure locale, le 31 janvier 2023 devient un Voyageur GGR, et ne peut continuer vers le Cap Horn avant 1000 heure locale, le 1er décembre 2023. Un participant de la classe Chichester arrivant à la porte de Hobart après 1200 heures, heure locale, le 31 janvier est disqualifié de l’événement.

C’est pourquoi la position de Suhaili est importante sur le tracker GGR : si Suhaili est devant, vous êtes en retard pour la porte de Hobart. La plupart des marins ont le journal de bord et les positions de Bernard Moitessier et Robin Knox Johnson lors de leur Golden Globe 1968, et connaissent leur propre position par rapport à leurs prédécesseurs. 

C’est surtout un problème pour Arnaud Gaist qui a le bateau le plus lent de la flotte, et qui pourrait ne pas arriver à la porte de Hobart à temps, puisqu’il progressera lentement cette semaine. Même chose pour Guy Waites, en proie à des problèmes de berniques qui le ralentissent, et actuellement derrière le concurrent français. Bien que Guy ait déclaré dans son appel hebdomadaire qu’il essaierait par tous les moyens de ne pas gruter Sagarmatha pour éviter de finir en classe Chichester, il a encore une tâche difficile et une issue incertaine devant lui.

Arnaud Gaist qui a le bateau le plus lent de la flotte. Crédit photo: Etienne Messikommer / GGR2022

Esquiver la porte du Cap pour gagner du temps à Hobart n’est pas une solution, car rater une porte pour des problèmes de vitesse place le marin automatiquement en classe Chichester. Tout autre arrêt ultérieur, porte manquée ou infraction aux règles, entraînera sa disqualification de la Golden Globe Race. 

Nous savions que les participants à la GGR couraient contre eux-mêmes plutôt que les uns contre les autres, maintenant ils courent aussi contre la montre…

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