Des vagues de cinq mètres, des rafales jusqu’à 55 nœuds et de brusques changements de direction du vent menacent les marins solitaires près du Cap-Vert. GGR Window Live permet au public de vivre ces moments en direct, tandis qu’une nouvelle plateforme de statistiques se prépare à être lancée samedi.
Les Sables-d’Olonne, France — 25 septembre 2026. La dépression tropicale qui influence la flotte de la McIntyre Golden Globe Race depuis 24 heures s’est transformée en tempête tropicale Gonzalo, annonçant une sérieuse épreuve de navigation. La direction de course signale que quatre skippers subissent déjà des vents de 30 à 35 nœuds, avec une mer qui se creuse et des vagues pouvant atteindre cinq mètres pour les bateaux les plus exposés.
Le bulletin du National Hurricane Center publié vendredi à 03 h 00 UTC confirmait que Gonzalo se déplaçait vers le nord-nord-ouest à sept nœuds, avec des vents maximums soutenus de 40 nœuds. Les prévisions annoncent un renforcement à 45 nœuds, avec des rafales à 55 nœuds, dans la journée de vendredi et durant la nuit suivante. Les conditions rencontrées par chaque bateau dépendront de sa position par rapport à la trajectoire de la tempête.

Une zone de danger qui se déplace
Parmi les skippers que la direction de course considère comme les plus exposés figurent Louis Kerdelhué (France, 21 ans), à bord du ketch Biscay 36 IE Charge ; Gunnar Christensen (États-Unis, 60 ans), sur le cotre Hans Christian 34 Pompoen ; et Matt Woodside (États-Unis, 68 ans), à bord du Cape George 36 Tipi Haere.
En progressant vers le sud-ouest, ces marins pourraient devoir affronter bien davantage que de fortes rafales. L’analyse de l’équipe de course met en garde contre de forts vents de sud basculant rapidement à l’est, puis au nord, en quelques heures au passage du système. Ces changements pourraient engendrer une mer désordonnée, avec des vagues venant de directions différentes. Pour un marin seul qui doit gérer les voiles, le régulateur d’allure et la fatigue, cette combinaison est épuisante et exige une grande maîtrise.

Gagner dans l’ouest pourrait faire la différence
Plus à l’ouest, Henry Wootton (Royaume-Uni, 35 ans), à bord du cotre Cape George 36 Privateer, et Helga Marie « Mara » Løvenskiold Kveseth (Norvège, 35 ans), sur le Saltram Saga 36 Showgirl, pourraient éviter le plus gros s’ils parviennent à maintenir leur progression durant la journée de vendredi. Leur positionnement vers l’ouest au cours des dernières 24 heures pourrait s’avérer décisif.
Guido Cantini (Italie, 58 ans), à bord du Vancouver 34 Classic Hannah of Cowes, approche d’un passage à travers l’archipel du Cap-Vert. La direction de course signale que Daniel Pinsky (Israël, 35 ans), sur le Baba 35 Exodus, se trouvait cette nuit à proximité de Santo Antão. Il a reconnu la côte de nuit au niveau de la localité, avant de contourner la pointe nord-ouest et de poursuivre vers le Pot-au-Noir, échappant de justesse aux vents les plus forts.
Isa Rosli (Canada, 51 ans), à bord de l’OE 32 Olleanna, a suivi une route plus au sud au cours des douze dernières heures, contrairement aux avertissements météorologiques de la direction de course, ce qui laisse penser qu’il n’a peut-être pas reçu l’alerte. Il devrait désormais rencontrer de forts vents d’ouest, tournant ensuite au nord-ouest, mais sa route devrait lui permettre de progresser rapidement et pourrait le maintenir à l’écart du centre.
Arrivant du nord, Pär Nyman (Suède, 56 ans), sur le Rustler 36 Lazy Otter, devrait éviter le plus fort du système. Dans cette situation, arriver plus tard pourrait constituer un avantage bienvenu. Ces évaluations restent soumises à l’évolution de la trajectoire de la tempête et à la progression de chaque voilier.

Les réparations retiennent deux skippers
À Marina Rubicón, à Lanzarote, Guy deBoer (États-Unis, 70 ans) reste à quai avec son Tashiba 36 Spirit. Les organisateurs attendent un rapport déterminant de l’expert maritime afin de définir les travaux structurels nécessaires. Les réparations des cadènes et de la structure de la coque doivent être évaluées et approuvées avant le début des travaux. Une fois les réparations achevées et validées, une nouvelle carte verte pourra lui être délivrée pour poursuivre en classe Chichester.
Selim Yalcin (Turquie, 65 ans), à bord du sloop Endurance 35 Help Disabled Children, reste à Cadix pour tenter de résoudre ses problèmes de radio. À l’heure de ce point, les organisateurs ne disposent d’aucun plan confirmé pour son retour en course en classe Chichester.

GGR Window Live : au cœur de l’action, à hauteur de pont
Au coucher du soleil, jeudi 24 septembre, GGR Window Live, qui utilise Starlink pour la transmission, a offert aux spectateurs sur YouTube un aperçu saisissant de la vie au cœur des éléments. Etienne Messikommer (Suisse, 38 ans), à bord de son cotre Tradewind 35 Bernard, a été filmé en train de réduire la voilure et d’établir une trinquette arisée, alors que le vent forcissait et que les vagues atteignaient environ trois mètres.
Il ne s’agissait pas d’un montage des meilleurs moments réalisé après coup. C’était un marin solitaire à la manœuvre, en temps réel, à l’approche de la nuit et dans une météo qui se dégradait : un avant-goût saisissant des scènes que le public pourrait découvrir dans l’océan Austral et autour du cap Horn.
Développé avec le partenaire technologique suédois TriPeak, ce système de diffusion à sens unique préserve l’isolement propre à la course : il permet aux spectateurs de regarder sans donner aux skippers accès à des informations extérieures par l’intermédiaire de cet équipement. Le public peut observer ; le marin doit toujours relever le défi seul.
Les organisateurs estiment que l’impact global de la course sur les réseaux sociaux a augmenté de 400 à 500 % par rapport à l’édition 2022 et signalent un intérêt croissant pour les points consacrés au tracker YB. Regardez GGR Window Live sur YouTube ou retrouvez les précédentes diffusions dans les archives GGR Window.

Lancement samedi : GGR Stats dévoile les chiffres de la course
Place à la grande nouvelle. Les organisateurs ont annoncé le lancement de « GGR Stats » samedi 26 septembre 2026, une plateforme réunissant des statistiques détaillées des Golden Globe Races 2018, 2022 et 2026.Gardez un œil ICI pour découvrir tous les détails.
Pour les passionnés qui ont toujours voulu aller au-delà des points sur le tracker, cette nouvelle plateforme promet une analyse bien plus approfondie : vitesses moyennes, distances totales parcourues, distances couvertes en 24 heures, premiers passages aux points clés et comparaisons détaillées entre bateaux et skippers.
Qui réalise régulièrement les meilleures distances journalières ? Comment les différents bateaux se comparent-ils au sein de la flotte ? Comment l’édition actuelle se situe-t-elle par rapport aux précédentes ? GGR Stats a été conçu pour placer ces questions au cœur du suivi de la course, en donnant accès aux chiffres qui se cachent derrière les récits.
Les organisateurs présentent ce projet comme une nouvelle première mondiale pour la GGR, avec un niveau de détail destiné à surprendre aussi bien les passionnés chevronnés de course au large que les nouveaux venus.
« Nous sommes absolument convaincus que les passionnés vont adorer le résultat », déclare Don McIntyre, fondateur de la Golden Globe Race.
Complète, détaillée et conçue pour être explorée, GGR Stats promet une nouvelle dimension à l’aventure. En mer, le défi immédiat s’appelle Gonzalo. À terre, le public s’apprête à découvrir de plus près que jamais les performances qui se cachent derrière chaque traversée.

Messages quotidiens du bord — 24 septembre 2026
Les concurrents de la GGR doivent envoyer un « tweet » quotidien pour confirmer que tout va bien à bord. Voici une sélection de leurs messages du 24 septembre, entre défis, quotidien et humour en mer.
- Isa Rosli — Olleanna
« Bloqué avec pratiquement pas de vent 😞 Un oiseau s’est posé pour se reposer. 🙂 » - Ertan Beskardes — Miss Beagle
« Bonjour. Ciel couvert, éclairs, tonnerre et pluie. Je navigue maintenant avec trois ris dans la grand-voile, la moitié du génois et la trinquette. Après la pluie, des vêtements propres et du sommeil. Prêt pour la suite. » Plus tard : « De petits oiseaux sur le pont. Trois ris dans la grand-voile, petite trinquette. » - Matt Woodside — Tipi Haere
« WOUAH ! Je viens de traverser un grain à 36 nœuds, avec un vent passant du nord-est au sud-est. Tout va bien. Le vent est maintenant à huit nœuds. » - Daniel Pinsky — Exodus
« Finalement, la décision de partir vers l’ouest n’était peut-être pas si bonne. Il commence à faire chaud. Côté santé, pas encore à 100 %, mais ça va mieux. » Heureux d’apprendre que Daniel se sent mieux. - Mara Løvenskiold Kveseth — Showgirl
« Dis Siri, comment fabriquer un ordinateur avec un trombone, du ruban adhésif argenté, une pomme et une batterie ? » 😂🍎🔋 - Pat Lawless — Silvermines Hydro
« Une nouvelle tempête se forme au sud-est de ma position. Je vois les nuages passer devant la lune. Il faut rester devant si possible. » - Gunnar Christensen — Pompoen
« Le vent est maintenant au sud-ouest à 08 h 00 UTC. Premier signe de l’approche de la dépression. » - Henry Wootton — Privateer
« Je file vers le sud-ouest pour contourner la dépression par le nord, puis suivre son flanc ouest jusqu’à la zone de convergence intertropicale. » - Guido Cantini — Hannah of Cowes
« Tout va bien sur HOC. J’ai “attrapé” huit poissons volants la nuit dernière. Encore ce soir ! » Le dîner se livre tout seul ? - Etienne Messikommer — Bernard
« BERNARD, tout va bien à bord. Premier front passé. Beaucoup de pluie et de vent. Douche et lessive. Bisou, je t’aime Elo. » - Ertan Beskardes — Miss Beagle
« Météo pire que prévu. Capote déplacée dans le cockpit. Forte pluie depuis des heures. Tout va bien. »






