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Jour 155 – La course est lancée!

Mark Slats contourne le cap Horn et réduit l’écart avec le leader de la course, J-L VDH
Jean-Luc Van Den Heede prédit une arrivée pour le 23 janvier
Des pénuries d’eau
Assistance extérieure? Une nouvelle règle interdit les rapports de position sur les réseaux radio-amateur et HF

Mark Slats a franchi le Cap Horn le samedi 2 décembre peu avant 6h UTC, à 8 jours du leader de la course, Jean-Luc Van Den Heede, et réduisant l’écart de 351 milles au cours des 7 derniers jours. Le Néerlandais, classé 2ème, compte maintenant moins de 1022 milles d’écart et devra naviguer en moyenne à 0,75 nœud de plus que VDH pour arriver en même temps aux Sables d’Olonne.

Cela tient compte de la pénalité de 18 heures dont Van Den Heede devra s’acquitter avant de franchir la ligne pour avoir utilisé son téléphone satellite à des fins autres que sécuritaires, après avoir endommagé le mât de son Rustler 36, Matmut, il y a quatre semaines. Depuis lors, le Français de 73 ans a grimpé au mât cinq fois pour vérifier les réparations, qui tiennent bien dit-il. Mais bien qu’il n’hésite pas à pousser le bateau lorsque le vent souffle en arrière du mât, Jean-Luc dit qu’il doit «prendre soin» du gréement par vents de face pour éviter que le bateau ne claque et ne provoque des ondes de choc dans le mât.

Peu de temps avant d’avoir passé le Horn, Slats a déclaré qu’il allait désormais tenter de gagner, poussant son Rustler 36 Ohpen Maverick aussi fort qu’il le peut. Van Den Heede ne pourra pas pousser aussi fort, en espérant que son avance sera suffisante. Il dit que sa priorité est simplement de finir sans casser son mât. L’écart devrait se resserrer davantage au cours des prochaines 24 heures, Mark bénéficiant de bons vents favorables et de courants ascendant vers l’Ouest des Malouines. Jean-Luc doit faire face à un petit système dépressionnaire intense qui s’est formé à 65 milles à l’ESE. Son challenge est de rester dans le bon quadrant ONO car la tempête se dirige vers le NNO et produit des vents de 50 à 55 noeuds.

Peut-être que le plus grand avantage de Slats sur Van Den Heede est sa capacité à se diriger où il veut, tandis que le Français doit essayer de garder les vents à l’arrière du gréement. Ohpen Maverick est de toute façon le bateau le plus rapide au près, ayant l’avantage de bénéficier de voiles d’avant plus grandes à mousquetons, et sans la pénalité de poids que Matmut supporte avec son système d’enrouleur de voiles. Cet avantage tactique à lui seul pourrait permettre à Slats de gagner une semaine.

Dans un message adressé à la Direction de course aujourd’hui, Jean-Luc était de bonne humeur et a donné une estimation de son retour aux Sables d’Olonne pour le 23 janvier, ce qui donnerait un temps écoulé de 206 jours pour son tour du monde, en comparaison aux 312 jours établis par Sir Robin Knox-Johnston 50 ans auparavant.

La course pour la 3ème place reste également tendue avec très peu d’avance ou d’écart entre le Rustler 36 One and All de l’estonien Uku Randmaa et l’autre Rustler DHL Starlight de la Britannique Susie Goodall. La semaine dernière, l’écart s’est rétréci de 35 milles à 367 milles. Tous deux rencontrent des problèmes. Randmaa doit encore finir de nettoyer toutes les bernacles sur le fond de la coque de son bateau, et Susie Goodall manque d’eau potable. Randmaa a réussi à collecter 25 litres d’eau de pluie la semaine dernière, mais étant 367 milles derrière, Goodall n’est pas dans le même système météorologique et ses seaux d’eau sont vides. Lors d’un appel à la Direction de Course aujourd’hui, Susie a admis qu’elle ne disposait plus que de 20 litres d’eau et qu’elle risquait de manquer de nourriture d’ici un mois, car ses réserves restantes sont toutes lyophilisées, ce qui nécessite de l’eau pour les réhydrater. «Ce fut une semaine frustrante!» A-t-elle souligné.

Les fortunes de l’un ou de l’autre pourraient changer de manière conséquente dans les jours à venir, car une tempête se prépare. Les prévisions sont très instables, ce qui pourrait créer des vents très différents pour Randmaa et Goodall. Les deux skippers pourraient se diriger légèrement vers le Nord pour éviter le pire de ce qui devrait atteindre jusqu’à 55 nœuds, et leurs positions relatives pourraient être très différentes dans 7 jours.

L’américano-hongrois Istvan Kopar a été l’un des perdants la semaine dernière, après avoir perdu 312 milles supplémentaires sur le leader de la course. En proie à des problèmes de direction à bord de son Tradewind 36 Puffin, il cherche maintenant à fabriquer de nouveaux roulements pour remplacer ceux qui sont endommagés à l’intérieur de son système de direction de barre à roue, ce qui pourrait prendre des semaines d’effort. Il manque également désespérément d’eau. Il ne dispose plus que de 16 bouteilles d’eau, d’un pack de 6 bières et de 10 litres d’eau très teintée dans son réservoir d’eau «fraîche». Lors de son arrêt à Hobart, Istvan a déclaré à propos de son réservoir d’eau: « Vous ne voudriez pas en boire! », Mais il devra peut-être le faire.

Le grand perdant de la semaine dernière est le Finlandais Tapio Lehtinen, 6ème, qui a dû faire face à des vents violents et contraires depuis deux semaines lors de son passage au sud de la Nouvelle-Zélande. Cette semaine, son Gaia 36 Asteria, incrusté de bernacles, a perdu 561 milles de plus sur le leader. Aujourd’hui, il se dirigeait au Nord-Ouest à 120° de son cap optimal, incapable de progresser vers le cap Horn. Lehtinen pourrait entrevoir la fin de ce cauchemar d’ici mercredi, alors que les vents devraient tourner à l’Ouest, et que l’accalmie attendue plus tard dans la semaine pourrait lui donner l’occasion de plonger par-dessus bord et de racler les bernacles pour nettoyer sa coque.

L’Australien Mark Sinclair et le skipper russe Igor Zaretskiy, se rendant respectivement à Adélaïde et Albany pour faire escale et récurer les bernacles de leurs bateaux, devraient arriver à destination cette semaine. Sinclair, à 135 km au sud-ouest de son port d’attache est attendu à 08h UTC aujourd’hui, l’Australien n’aurait pas pu mieux faire, et il ne lui reste plus que 6 litres d’eau douce, soit 2 jours d’approvisionnement. Tous deux seront relégués en catégorie Chichester pour avoir fait un arrêt, ne laissant que 6 des 17 navigateurs ayant pris le départ, encore en lice pour la Golden Globe Race.

Assistance extérieure?

La Direction de course a reçu un certain nombre d’alertes de la part d’autres marins et des médias au cours des semaines précédentes, suggérant que les skippers de la GGR recevaient quotidiennement des comptes rendus de position extraits du Live Tracker GGR et diffusés sur le réseau des radio-amateurs ce qui les empêche de naviguer par les moyens traditionnels.

En réponse, le Président de la course, Don McIntyre, a publié la déclaration suivante:

«Les participants à la GGR peuvent recevoir n’importe quelle information gratuite au public (sauf ROUTAGE) sur la radio HF. La radio HF est encouragée pour des raisons de sécurité et de logistique, comme dans la course originale de 1968/9. Les organisateurs de la course ne coordonnent ni ne gèrent les horaires des vacations radio HF. Les participants sont libres de rejoindre tout réseau maritime gouvernemental ou privé, ou d’organiser leur propre réseau de radio-amateur.
De temps en temps, les participants ont reçu des positions GPS extraites du Live Tracker GGR, qui donne des coordonnées précises de latitude et de longitude. Cela avait été autorisé en vertu des règles de la GGR. Les skippers veulent savoir où ils se situent dans la flotte et où se trouvent les autres concurrents, etc. Cela a cependant amené certains supporters à croire que les concurrents ne naviguent plus avec un sextant, ce qui n’est PAS le cas.

Recevoir des positions du Live Tracker GGR régulièrement est toutefois contraire à l’esprit de la GGR et pour éviter toute confusion, la nouvelle règle suivante est entrée en vigueur le 1er décembre 2018.

NOR 3.1.3.3 Positions GPS à partir du Tracker Live GGR et de l’AIS Marine Traffic.
Les coordonnées GPS des participants à la GGR provenant du TRACKER LIVE GGR ou de l’AIS du Trafic maritime sont interdites aux participants.
1ère infraction: Pénalité de 48h
2ème infraction: Disqualification”.

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