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Le plus jeune participant à la Golden Globe risque l’abandon et le leader de la course est menacé

Elliott Smith (27) / USA / Gale Force 34 - " SECOND WIND " leaving Simon's Town mooring after bowsprit repaired . Picture Credit: Simon McDonnell / FBYC

Photo ci-dessus : Elliott Smith, au mouillage à False Bay, répare son bout-dehors après une première casse.. Crédit photo : Simon McDonnell / FBYC

  • Elliott a-t-il trop poussé sa monture? La casse de son bout-dehors et une tentative infructueuse de réparation en mer mettent fin à son rêve !
  • Mer grosse et croisée, coups de vent et bascules, le milieu de la flotte sur ses gardes dans des conditions musclées.
  • Simon Curwen (GBR), en tête depuis le Cap Finisterre stoppé net par l’anticyclone. Kirsten Neuschäfer (ZAF) reprend 500 milles en une semaine, dans le même système météo avec deux jours de retard.
  • Guy Waites attend la bonne fenêtre météo pour quitter Cape Town avec 5400 milles à parcourir, et seulement 41 jours pour atteindre Hobart !

Après plus de cent jours de mer, seuls six des seize concurrents partis des Sables d’Olonne en France ont une chance de franchir la porte de Hobart qui ferme le 31 janvier. l’Atlantique a fait payer un lourd tribut à la flotte de la GGR, qui a été confrontée à des conditions adverses dès le troisième jour. Trois voiliers ont abandonné avant de traverser l’équateur, trois autres à l’arrivée au Cap, et deux autres encore à l’est du Cap de Bonne Espérance. Guy Waites (GBR) est désormais en Classe Chichester et Elliott Smith (USA) ne peut vraisemblablement plus continuer au-delà de l’Australie. La GGR fait une fois de plus des ravages parmi les meilleurs marins et voiliers.

Elliott Smith, la grandeur d’âme incarnée

Quelle différence peut faire un océan… Elliott Smith (USA) a eu beaucoup de difficultés au début de sa route vers le sud, face à la frustration intense dans les zones de calme. Il a pourtant joué le jeu, et après d’incessantes réparations, a fini par trouver les ressources et la grandeur d’âmes nécessaires pour continuer face aux nombreux obstacles mis sur sa route.

De fait, il a même amélioré la meilleure distance de 24 heures sur Second Wind le 15 décembre avec 174 miles nautiques, sous voilure réduite, avant que son bout-dehors réparé au mouillage à Cape Town, ne se plie à nouveau.

Lundi matin, Elliott a commencé ses nouvelles réparations avec un plan : faire tomber l’étai pendant que le mât est maintenu avec deux drisse de spi et l’étai de trinquette afin de monter un hauban plus court en guise d’étai, raccourcir le profil de l’enrouleur, le remonter avec des entretoises et une chaîne sur l’étrave, et se passer du bout-dehors.

Hélas, même si le vent était tombé à ce moment-là, Elliott avait encore 3 mètres de houle rendant les réparations en haut du mât extrêmement difficiles. Il y est néanmoins monté pas moins de 10 fois, mais les mouvements en haut du mât, à 13 mètres au-dessus du niveau de la mer, étaient trop importants. Il a été brinquebalé de toutes parts et a perdu ses outils et ses pièces de rechange par-dessus bord, notamment son étai de rechange, indispensable à la réparation.

C’était la fin de sa course et de son rêve. Il sera en classe Chichester à son arrivée en Australie dans un mois environ. Il n’aura alors vraisemblablement pas le temps de passer la porte de Hobart et serait donc hors-course.  “Je pense que je vais devoir m’arrêter là “, a-t-il déclaré.

Vous pouvez écouter l’appel d’Elliott à Don ICI.

Nous avons conseillé à Elliott de faire lentement son chemin vers le nord avec quelques degrés de plus afin d’obtenir des vents plus clément, puis de naviguer vers l’est en direction de Fremantle ou d’Albany, qui sont les meilleures options. Il est peu probable qu’Elliott soit en mesure de réparer son gréement et d’atteindre la porte de Hobart à temps. Il doit naviguer prudemment et prendre soin de son mât à tout prix. Un mât blessé est toujours mieux qu’un gréement de fortune, il ne peut donc utiliser que la grand-voile à deux ris et une trinquette. Nous fournirons à Elliott des informations météo dont il a besoin pour l’aider à faire sa route en toute sécurité.

Don McIntyre, président-fondateur de la GGR

La ruée vers Hobart

La flotte se précipite vers Hobart où Don et Jane s’apprêtent à les accueillir dans Storm bay. La porte ferme le 31 janvier à 12h00, heure locale, afin de garantir la meilleure météo possible jusqu’au Cap Horn, distant de 4500 miles nautiques. Après cette date, tout participant de la classe Suhaili qui arrivera en retard devra s’arrêter et effectuer la deuxième partie de son voyage en décembre 2023 en classe Voyager, un simple retour aux Sables d’Olonne avec utilisation libre du GPS, du téléphone satellite et du routage météo. Les participants de la classe Chichester qui arriveront en retard à la porte de Hobart seront disqualifiés. En queue de flotte, Ian Herbert-Jones (GBR), qui avait envisagé de ne pas passer la porte du Cap pour gagner du temps et continuer en classe Chichester (pénalité pour ne pas s’être arrêté), progresse maintenant à bonne allure dans le Sud, battant ses records de distance plusieurs fois la semaine dernière, pour finalement atteindre 1007 miles sur 7 jours  le 17 décembre !

Ian Herbert Jones est le plus récent membre du club GGR des 1000 milles! ( Ian Herbert Jones (52) / Royaume-Uni / Tradewind 35 “PUFFIN” au GGR2022 Lanzarote Film Drop. Crédit photo : Nora Havel / GGR2022 )

Ian navigue prudemment avec Puffin entre le 40ème et le 42ème parallèle, gagnant du temps et améliorant continuellement son heure estimée d’arrivée (ETA). Sur la base de ses vitesses moyennes, il a un coussin de 10 jours d’avance pour la porte de Hobart le 31 janvier, mais il reste encore beaucoup de route à parcourir et il  peut se passer beaucoup de choses tout au long des 3300 miles restants. Il ne faut pas traîner et Ian pourrait bien trouver un anticyclone sur sa route!

Le long de la zone d’exclusion, Jeremy Bagshaw (ZAF) sur Olleanna a eu du gros temps toute la semaine. Au sud de la zone d’exclusion, une succession de systèmes dépressionnaires avec des vents forts basculant du nord à l’ouest ont créé une mer grosse et croisée sur toute la zone. Il navigue de manière prudente pour préserver son voilier jusqu’à la fin de la zone, avant de pouvoir plonger plus au Sud. Il est attendu à Hobart aux alentours du 10 janvier.

La préparation méticuleuse de Michael Guggenberger (AUT) porte ses fruits. Il est sorti indemne de son périple le long de la no-go zone malgré des conditions difficiles et a augmenté son avance sur Jeremy, prouvant que son Biscay 36 Nuri, gréé en ketch, peut égaler les vitesses du Clara, gréé en sloop, de Simon Curwen! Le Capt.Gugg reste entre 45° et 46° Sud, adore les conditions du sud et affiche une excellente moyenne de 140 milles par jour pour une arrivée à Hobart juste à temps pour le réveillon du Nouvel An !

L’anticyclone joue des tours aux leaders

Simon Curwen (GBR) leader incontesté depuis le Cap Finisterre perdait mille après mille la semaine dernière alors qu’il était à l’arrêt dans un énorme anticyclone qui s’est abattu sur lui… Il a mis son temps dans la pétole à profit pour faire les travaux sur sa liste prévus à Hobart, y compris la révision de la fixation de son Hydrovane. Il est maintenant sorti du centre de  l’anticyclone, mais navigue au près en sortant par le Nord. Pas sa meilleure expérience comme il l’a partagé aujourd’hui.

Comme vous le savez, Je suis au milieu d’un anticyclone, ce qui ajoute beaucoup de temps à la promenade. C’est très frustrant, je pourrais arriver à Hobart maintenant, et il y a encore une semaine, je pense, pour y arriver. C’est frustrant, mais tout le travail que j’avais prévu de faire à Hobart est maintenant fait , donc je peux prévoir un arrêt express là-bas.

Simon Curwen sur Clara

Ecoutez l’appel de Simon en anglais et en français ICI.

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’anticyclone, Kirsten Neuschäfer (ZAF) et Abhilash Tomy (IND) ont grappillé des milles dans des conditions parfaites de portant, jusqu’à 180 milles par jour. Ils ont tous deux amélioré leur record de distance sur 7 jours, Kirsten affichant 1165 milles le 12 décembre et Abhilash 1145 le 17 décembre, reprenant tous deux un retard significatif sur le leader.

https://www.youtube.com/watch?v=bRvvqGjUQPI
GGR2022 Entrant Kirsten Neuschäfer: Onboard footage from Lanzarote to Cape Town.

Kirsten a reçu des cartes détaillées par weatherfax de l’anticyclone ainsi que des bulletins météo quotidiens d’Australie. Elle a pu rester dans du vent frais en contournant la bulle  sans vent, et reprendre ainsi un gros paquet de milles. Le weatherfax de Simon ne fonctionne pas, il reçoit bien les bulletins météo mais son manque de connaissance de la géographie australienne l’empêche de comprendre la situation météorologique dans son ensemble.  

Nous avons déjà vu le feuilleton : à l’arrivée au Cap, lorsque Kirsten a fait une “cuillère sud-africaine“, par le sud de l’anticyclone de Sainte-Hélène, gagnant sur Simon au près au nord du système, tandis qu’Abhilash était resté coincé au milieu, sans vent, dans un état de frustration extrême.

Abhilash Tomy (43) / India / Rustler 36 – ” BAYANAT ” at GGR2022 Lanzarote Film Drop. Picture Credit: Aïda Valceanu/ GGR2022

Simon est à 360 miles de Hobart et Kirsten à 560 miles. Il ne reste qu’à la navigatrice que 200 milles de plus à parcourir jusqu’à Hobart que Simon, contre 700 milles la semaine dernière, et Abhilash n’a plus que 300 milles de retard sur Kirsten. Les 3 leaders partagent maintenant le même système météo et auront des stratégies similaires.  Rien n’est joué, puisque l’anticyclone se déplaçant vers le sud-est se trouvera sur leur route, tandis que Simon doit encore tirer des bords dans des vents plus constants que Kirsten qui sera dans des vents instables. L’arrivée de Simon à Hobart est prévue le 23 décembre.

C’est l’opportunité qu’attendait Kirsten, son Cape George 36 est fait pour les longs bords puissants de portant dans les mers du Sud. Pour avoir une chance de remporter la GGR, elle doit être largement en tête au moment de passer le Cap Horn. Simon a montré qu’il était très fort dans la traversée de l’Atlantique, le jeu est donc très ouvert. Abhilash est en embuscade et Cpt. Gugg est toujours au contact!

Don McIntyre, président-fondateur de GGR

Libre d’anatifes et de retour autour du monde

Guy Waites (GBR) n’est pas à la tête du projet le plus nanti, mais il est certainement l’un des marins les plus expérimentés, ayant déjà mené de nombreuses campagnes en solitaire sur des voiliers plus petits. Seul le manque de temps l’a empêché de gruter Sagarmatha avant le départ, comme beaucoup d’autres participants.

Une décision qui a eu des conséquences dramatiques pour le marin de Scarborough qui a animé la flotte dans l’Atlantique Nord dans son mano a mano avec Jeremy Bagshaw (ZAF), avant de découvrir une invasion de berniques sur son Tradewind 35.

Photo de gauche Crédit : GEN / “posh tomato photography”

Guy est arrivé à Cape Town la semaine dernière, juste à temps pour célébrer le 75e anniversaire du Royal Cape Yacht Club, avec des amis et des équipiers de la Clipper Race. Il a nettoyé la coque de Sagarmatha, appliqué deux couches d’antifouling et l’a remis à l’eau lundi matin.

Guy Waites (54) / UK / Tradewind 35 – “SAGARMATHA” à GGR2022 Cape Town Film Drop, arrêt pour nettoyer Barnacles puis continue dans la classe Chichester de GGR2022. Crédit photo : Karin Smit

Le bateau est à l’eau maintenant, je suis allé faire l’avitaillement avec Peter et le RCYC a été un hôte formidable. Sagarmatha est prêt à partir et j’attends la bonne fenêtre météo pour continuer vers le sud, probablement jeudi prochain lorsque la dépression apportera des vents de nord-ouest qui nous pousseront, tous les deux, dans la bonne direction. C’est une course contre moi-même maintenant, mais je sais que je peux gagner du terrain.

Guy Waites sur Sagarmatha

Ecoutez l’appel de Guy en anglais et en français ICI.

Guy a 5400 milles à parcourir avant le 31 janvier. Ce n’est pas une tâche facile qui exige une distance moyenne de plus de 132 miles par jour, mais pas impossible pour Guy. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il va beaucoup apprécier les longues cavalcades au portant dans les mers du Sud sur Sagarmatha avec une coque propre et lisse ! Allez Guy, lâche rien!

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