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PARLONS BATEAUX!

Stage Photo: Alain Delord secouru en 2013 de son voilier léger et rapide  » TCHOUK TCHOULK NOUGAT », un ARCHAMBAULT 35, alors qu’il naviguait en solitaire autour du monde. By VoilesetVoiliers Photo@ALESSANDRO GUI

L’océan Austral est dur avec les bateaux de la GGR comme avec tous ceux qui s’aventurent dans le Sud. C’est un endroit d’une extrême beauté, une région sauvage qui capture l’imagination des marins et leur rappelle leur insignifiance. Nulle part ailleurs sur terre ne ressemble à cela. Sa puissance est incontestée. Vous ne pourrez jamais la vaincre, mais juste vous en accommoder et vous plier à cette force avec un profond respect. Vous vous aventurez dans le grand sud, à vos risques et périls, en pleine conscience, sachant que vous pourriez ne pas revenir. L’attrait du grand Océan Austral est imprégné d’histoire et de folklore. Pour beaucoup, l’attraction est de réussir à franchir le cap Horn, un moment mêlé de fierté, d’enthousiasme, de respect et le plus souvent d’un grand soulagement.

Pour réussir, vous devez croire en vous et en vos capacités, faire confiance à votre bateau et vous préparer au pire.

JEAN LUC VAN DEN HEEDE avait parlé de Petits Escargots en décrivant les voiliers à quille longue de 36 pieds de la GGR lorsqu’il a rejoint la course en 2015. Il a navigué cinq fois en solitaire autour du Globe sur des bateaux plus grands mesurant jusqu’à 80 pieds de long, y compris ses voiliers du BOC et du VENDEE GLOBE. Il savait que le défi était difficile, même très difficile, mais a misé sa vie sur son Rustler 36 MATMUT comme voilier hauturier sûr, et à la hauteur des exigences de l’océan Austral, adapté à cette aventure simple mais néanmoins sérieuse.

L’essence de la Golden Globe Race repose sur la solidité des bateaux, des systèmes de navigation basiques et fiables, l’absence d’ordinateurs, des équipements de sécurité de classe mondiale et une minimisation maximale des risques. C’est un défi unique, accessible et abordable pour tout homme ou femme qui a la passion et le désir de le faire.

Le choix des bateaux pour la GGR est défini par des paramètres de conception spécifiques relatifs à l’événement. Les 32-36 pieds sont des voiliers éprouvés pour la navigation hauturière, conçus par des designers de renom. Les quilles, les gouvernails et les coques sont conçus selon les normes modernes. Ces constructions ne risquent pas d’être endommagées par des objets flottants et leurs longues quilles suivent bien sous régulateur d’allure, même par gros temps.

Seuls six des 17 participants au départ de la GGR naviguent encore et cinq démâtages ont eu lieu dans l’océan Austral. Certains peuvent penser que c’est parce que les bateaux sont trop petits, trop lents et ne peuvent pas dépasser les tempêtes de l’océan Austral. L’histoire ne confirme pas cette hypothèse. De nombreux voiliers ordinaires et bien préparés de 22 à 38 pieds ont fait le tour du monde en solitaire en toute sécurité via les Grands Caps et continuent de le faire. La vitesse peut parfois aider dans l’océan Austral, mais beaucoup de voiliers rapides modernes sont souvent dépassés. Buttercup, mon voilier de 50 pieds en 1990, et celui d’un autre concurrent, Kanga Birtles, à bord de son 60 pieds, ne pouvaient pas dépasser la même tempête et nous avons tous les deux chaviré à 360 °. (Les deux gréements ont survécu)
Regardez la vidéo ici

Les navigateurs compétiteurs n’utiliseraient jamais ces Petits Escargots pour des courses classiques et ont du mal à accepter leurs caractéristiques et leurs capacités océaniques. La plupart d’entre eux n’ont même jamais navigué à bord de ce type de bateau, ni utilisé de régulateur d’allure, et ne se sont pas retrouvés au milieu de l’océan Austral. Ils pensent que les conceptions plus modernes à quilles fines et à gouvernails hors-bord peuvent être plus sûrs. Encore une fois, l’histoire ne confirme pas cette hypothèse. Les bateaux légers qui surfent, avec une quille moderne ont souvent besoin de pilotes électriques pour barrer, et requièrent une intervention et des efforts humains constants pour contrôler ces conceptions parfois difficilement contrôlables par gros temps. Ces conceptions ont simplement moins de capacité à être autonome. Les bateaux de type GGR sont beaucoup plus indulgents par gros temps et naviguent bien sous régulateurs d’allure sans avoir besoin d’énergie électrique.

Il y a quelques années, j’ai participé au SAUVETAGE du voilier du solitaire français ALAIN DELORD, naviguant autour du monde à bord d’un voilier de 35 pieds, rapide, léger et moderne, à quille fine. Il a été incapable de contrôler son bateau lors d’une tempête, puis a démâté à 440 milles au sud de Hobart en Tasmanie, passant quatre jours sur un canot de sauvetage avant que nous puissions le récupérer.
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Lisez l’histoire ici.

Lisez l’histoire française ici

En tout, j’ai passé 3 années et demi de ma vie dans l’océan Austral et plus de 22 ans sur des voiliers et des petits navires d’expédition et je compte 48 années d’expérience dans la navigation de plaisance. J’ai vu ses humeurs. Je sais que mieux vous êtes préparé, plus vous avez de chance, mais je sais aussi que, parfois, vous pouvez avoir le bateau le mieux préparé avec le meilleur skipper, sans que cela ne GARANTISSE RIEN.

L’histoire le montre très clairement. La course transatlantique en solitaire de l’OSTAR de l’année dernière a vu CINQ concurrents terminer sur les 15 inscrits. Les premières courses du Vendée Globe n’ont vu en moyenne que la moitié de la flotte à l’arrivée. En 1996-1997, seuls SIX des 16 partants ont terminé et dans le Vendée Globe 2008-2009, 18 des 29 partants n’ont pas réussi à finir. Les statistiques d’avaries pour abandon (3 quilles, 3 avaries de système de direction et 7 liées à un problème de mât) sont intéressantes à lire.

Roland Jourdain (Veolia Environnement) jour 85: quille perdue.

Jean Le Cam (VM Matériaux) jour 58: partie de quille perdue, chavirage

Jonny Malbon (Artemis) jour 56: grand voile délaminée

Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) jour 53: gouvernail babord perdu

Derek Hatfield (Esprit du Canada Algimouss) jour 50: barres de flêche cassées

Sébastien Josse (BT) jour 50: système de gouvernail cassé

Yann Eliès (Generali) jour 40: fémur fracturé

Mike Golding (Ecover 3) jour 38: démâté

Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve) jour 37: drisses défectueuses, pilote automatique cassé

Loïck Peyron (Gitana Eighty) jour 36: démâté

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) jour 36: s’est échoué

Dominique Wavre (Temenos) jour 35: boîte de quille endommagée

Unai Basurko (Pakea Bizkaia) jour 28: boîte de gouvernail tribord défectueuse

Jérémie Beyou (Delta Dore) jour 17: gréement endommagé

Alex Thomson (Hugo Boss) jour 6: coque fissurée

Yannick Bestaven (Energies Autour du Monde) jour 4: démâté

Marc Thiercelin (DCNS) jour 4: démâté

Kito de Pavant (Groupe Bel) jour 4: démâté

La Golden Globe Race 2018 recrée et écrit l’histoire. C’est nouveau, innovant et différent à bien des égards. Elle est considéré comme une renaissance culturelle de la navigation. Il n’existe pas de bateau parfait pour un océan ou une situation. Les Petit Escargots de la GGR sont FAITS POUR L’OCEAN AUSTRAL et cette course est en train de devenir rapidement reconnue comme LA PLUS DIFFICILE AU MONDE.

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